afrique centrale   De plus, Senghor affirme : « Après Batouala, on ne pourra plus faire vivre, travailler, aimer, pleurer, rire, parler les Nègres comme les Blancs. Dans une lettre de mars 1915 à son ami Manoel Gahisto, Maran décrit l’avancée du roman : « Tous les chapitres étant esquissés, j’essaie de m’inviter au travail. Jusqu’en novembre 1913, l’écriture avance bon train, Maran affirme qu’il n’a « pas perdu son temps ». Le 8 septembre, on lui propose un poste provisoire de commissaire de police, lui permettant de s'exercer au maintien de l'ordre. Il vous sera plus dur de lutter contre eux que contre des moulins. civilisation   Alors qu'il est responsable d'une importante cérémonie, il doit dorénavant se méfier d'un concurrent amoureux en la personne du fougueux Bissibi'ngui qui cherche à séduire sa favorite, Yassigui'ndja. Premier roman nègre écrit par un nègre, en qui Léopold Sédar Senghor voyait un « précurseur de la négritude », récit d'une violence et d'une modernité extraordinaires, voici la complainte de Batouala, grand chef de tribu, vaillant chasseur et excellent marcheur. Babelio vous suggère. Le choix de la fonction publique aux colonies est conditionné par la présence de sa famille : son père, haut fonctionnaire en Oubangui-Chari réside à Bangui. On peut l'y voir par exemple parler les propos du ministre de la Guerre d'alors, André Lefèvre qui compare les comportements de certains fonctionnaires français en Alsace-Lorraine avec la situation au Congo français, ce qui montre pour Maran « que l'on sait ce qui se passe en ces terres lointaines et que, jusqu'ici, on n'a pas essayé de remédier aux abus, aux malversations et aux atrocités qui y abondent. Ces mouvements, menés par des intellectuels tels W. E. B. S'ensuit alors un passage de réflexion sur les blancs, exploiteurs étranges et inquiétants. Celui ci témoigne encore de son éloignement des femmes noires dans Les Œuvres libres : "Je pense et vis a la française. La France le veult ! Maran oppose alors les négriers, les esclavagistes ou les français recourant au travail forcé contre les bons français, ses "frères de France, écrivains de tous les partis" dans lesquels il a foi en foi en leur générosité. Batouala commence dès lors à avoir des soupçons. Nous sommes en 1921. Les critiques littéraires se montrent rapidement en désaccord avec le choix de l’académie, estimant que Maran ne mérite pas le prix. Le 11 décembre, il s’attaque au troisième chapitre. Le roman est composé d'une préface et de treize chapitres : Le roman se déroule en Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine), en pays Banda dans la subdivision de Grimari, entre les hauteurs (Kagas) que sont le Kaga Kosségamba, le kaga Gobo et le kaga Biga. Résumé Outre-atlantique, la réception de René Maran durant la Renaissance Nègre est ambiguë: Batouala est célébré davantage en raison de la pigmentation de son auteur, et pour des motifs stratégiques, qu’en raison de son esthétique naturaliste; quant à son influence poli- Jaloux décrit le roman comme « une série de peintures de mœurs que termine un accident[7]. Et d’abord, non contents de s’appliquer à supprimer nos plus chères coutumes, ils n’ont eu de cesse qu’ils ne nous aient imposé les leurs. Autre critique de Bidiou à Maran, se recoupant avec ce qu’a pu en dire Jaloux, porte sur la raison de la nomination. français   littérature africaine   Le roman est nourri de références très détaillées sur les lieux précis de l'action que ce soit dans la préface ou dans le reste du livre. Ce fait s’ajoutant au retour des premiers combattants et corps mutilés, des révoltes éclatent et certains fuient vers des territoires hors de l’autorité française. Vous aimez ce livre ? La conscription prive les colonies d’hommes jeunes en âge de travailler et de payer des taxes. Prix Goncourt 1921. nouvelles   Il estime que Maran effectue des généralisations discutables en imputant à tous les officiers français les comportements de quelques-uns[9]. Après eux, plusieurs autres reporters sont envoyés pour vérifier leurs dires. D’autres critiques estiment que pareil prix littéraire ne devrait pas être donné à un ouvrage critiquant, dans sa préface ainsi que dans deux chapitres, la politique coloniale française en Afrique subsaharienne. Après quelques péripéties (Maran, devant être embauché le 23 décembre 1909, rate son bateau et ne prend ses fonctions qu'en février 1910. Le 15 décembre 1921, le prix Goncourt est attribué à Batouala. La France emploie des troupes africaines depuis la fin du XIXe siècle. La réception du Goncourt par Maran est donc plus due à un climat politique, culturel et intellectuel déclenché par la Conférence Pan-Africaine. Résumé du texte « Le Scandale de Batouala » Le roman de René Maran intitulé « Le Scandale de Batouala », écrit en 1920 est l’un des premiers romans de la littérature française d’Afrique noire, autrement dit de la « Littérature Nègre ». Le paysage se compose de vallées, de grands fleuves ainsi que de différents monts. Le chapitre 6 décrit la fête rituelle des « Ga'nzas » qui permet aux garçons et filles de marquer le passage à l'âge adulte. Toutefois, même si Maran s'attaque à ces déboires, il confie tout de même le soin de réparer ces torts à la métropole, loin de remettre en cause la nature même de la colonisation, pourtant profondément liée aux déboires qu'il critique : « C'est à redresser tout ce que l'administration désigne sous l'euphémisme "d'errements" que je vous convie. Le 18 juillet 1905, il obtient son baccalauréat lettres-latin avec la mention passable[4]. Batouala a également été analysé comme un roman précurseur de la négritude. Dans une lettre datée du 11 mai 1917 adressée à Léon Bocquet, il estime avoir « presque fini de mettre au point ce fameux Batouala[4] ». Qu’il ait servi à discréditer Maran ou qu’au contraire ses origines africaines aient été mises en avant pour le défendre, l’écrivain français d’origines guyanaises a en effet souvent fait l’objet d’assignations identitaires. [1] ». Il dénonçait les abus de l'administration en Afrique-Equatoriale française et les méfaits de l'impérialisme. Cette politique a des effets pernicieux sur place. Dans sa correspondance, Maran avoue s'ennuyer terriblement. René Maran est né en Martinique de parents guyanais. Et cela eut été désespérant de recommencer ce qui avait été, fait, et bien fait..."[16]. Le chapitre 9 présente Bissini'ngui en pleine réflexion nocturne sur le moyen d'assassiner son rival Batouala. Il ne s’agira même plus de leur faire parler "petit nègre", mais wolof, malinké, ewondo en français[14] ». Le narrateur fait une présentation du personnage en insistant sur la <> et ses … Au terme de tensions suite à la … Le déroulement de la journée continue avec un dialogue entre d'autres villages par tam-tams interposés au sujet de l'organisation de la fête des « Ga'nzas ». L'écrivain et critique Edmond Jaloux reproche ainsi à Maran de prendre la place d’auteurs plus méritants, tels François Mauriac, André Gide ou Jean Giraudoux[6]. Le travail entrepris est ardu : Maran s’astreint à un naturalisme rigoureux, tout désireux qu’il est de représenter le réel. Le récit suit ses considérations ordinaires, comme celle de savoir si se lever vaut la peine, mais présente aussi son point de vue personnel sur la colonisation, la coutume et la vie en général. Résumé de l'ouvrage Batouala, grand chef du pays banda, excellent guerrier et chef religieux est rattrapé par le temps. Ces troupes étaient néanmoins déployées sur des théâtres d’opération nord-africains. Le chapitre 10 voit Batouala, complètement ivre, livrer ses secrets sur les mythes bandas à son rival, non sans quelques menaces. Absents les chats, les souris seraient vite revenues a leurs anciens errements. prix goncourt   Il reçoit la même année le prix Goncourt et, de fait, est le premier livre d'un écrivain noir à recevoir un prix littéraire prestigieux en France. roman   Cet ouvrage contient une critique ambivalente du colonialisme français : si la préface fait date tant sa critique des excès du colonialisme français est virulente, Maran, administrateur colonial de profession, ne dénonce pas le colonialisme en tant que tel. Les noirs américains subissent un régime de ségrégation raciale tandis que leurs homologues français, bien que connaissant des discriminations raciales, ont la possibilité de s'intégrer par l'assimilation. Le grand chef Batouala ne peut plus dormir comme avant dans la quiétude de ta haute brousse.De nombreux soucis l'empêchent de rejoindre Le doux feu intérieur du sommeil : ses fonctions rituelles, la proximité des chasses, l'éloignement manifeste de sa femme. Il s'agit de René Maran, écrivain d'origine Guyanaise, né en Martinique en 1887 (plus précisément dans le bateau qui conduisait ses parents vers l'île des Antilles françaises). Droit d'auteur : les textes des articles sont disponibles sous, Carrière de Maran et étapes d'écriture de, Un contexte français favorable aux mouvements noirs, Premier Congrès panafricain (19-21 février 1919), Une critique particulière de la colonisation. De plus, il mesure le changement de comportement des colons blancs à l'égard des indigènes, ceux ci participant à l'effort de guerre. Batouala, pourra-t-il encore vivre heureux au bord du grand fleuve Nioubangui ? Résumé : Ce roman, écrit par un Antillais, René Maran (1887-1960), alors fonctionnaire au ministère des Colonies, déclencha un véritable scandale lors de sa publication. Il s'attend à amener la civilisation aux colonisés et n'imagine pas encore les difficultés que sa couleur de peau va entraîner. Ce passage montre ainsi que Maran est un auteur assimilé et temporise ses critiques de la colonisation en les remettant à leurs places : celles de critiques visant à faire exécuter à la France sa promesse d'une action civilisatrice dont Maran reconnait la nécessité, légitimant de fait la colonisation. La France recrute près de 7% de ses troupes dans ses colonies. C'est finalement au moment de la chasse que Batouala se voit porter le coup fatal par la griffe d'une panthère. Trop haut tournoie et tournoie le vol des charognards ! Le bulletin personnel signé par le préfet de police de Bordeaux dit de lui qu'il "ne s'est jamais occupé de politique, Républicain". Afin de limiter le recours à la conscription en métropole, ces troupes noires vont être déployées en Europe[10]. Plongez-vous dans le livre Batouala de René Maran au format Poche. Le chapitre 7 présente la cérémonie funèbre du père de Batouala et développe une longue réflexion sur l'importance de la coutume, fruits de la sagesse des anciens. Ce texte s’intéresse aux différents usages du mot « nègre » publicisés après l’attribution du Goncourt au roman de René Maran, Batouala (1921). Et quant à la forme, elle est sans valeur littéraire[9]. C'est ainsi que Batouala va mener la chasse à un jeune guerrier, dont toutes les femmes raffolent, dont l'une des siennes qu'il vient visiter dès qu'il a le dos tourné. Début 1913, le premier chapitre est achevé. Le chapitre 3 présente plus en avant le personnage de Yassigui'ndja et présente la situation amoureuse de Batouala qui vie en plus avec 8 autres compagnes. Introduction Rien que la note de Senghor peut décider un lecteur à lire et aimer le livre de René Maran. S'ensuit une longue discussion où l'on apprend que cette dernière se voit attribuée la mort du père de Batouala et se sent donc en danger de mort. Cette opportunité permet au gouvernement de montrer sa bonne volonté tout en contrôlant les débats. Batouala, pourra-t-il encore vivre heureux au bord du grand fleuve Nioubangui ? Celui ci décrit dans la préface le lieu exact de l'action au moment de l'écriture (avant les changements administratifs successifs dans les années suivantes). Sous-titré « véritable roman nègre », Batouala décrit et dénonce la colonisation en Oubangui-Chari (ancien nom de la République Centrafricaine). Alors qu'il suit un sentier, celui-ci use de sa capacité à lire la brousse pour trouver son chemin et tombe nez à nez avec Batouala, sa mère et son chien. [14] Celui ci considère Maran comme un précurseur de la négritude lorsqu'il rédige l'article "René Maran précurseur de la Négritude" en 1964 à la demande de Présence Africaine et de la veuve de l'auteur de Batouala, Camille Maran[15]. Il est le fils de Léon Herménegilde Maran et Marie Lagrandeur. Le chapitre 12 décrit la scène de chasse, les bienfaits du feu et les différents rôle des chasseurs. Deux éléments en particulier : la forte implication des troupes noires dans la Première Guerre mondiale et l’implication de la France dans l’organisation du premier Congrès panafricain. Il trompe la solitude par l'étude et la poésie. Ce dernier est présent pour éviter la montée d'une critique radicale des empires coloniaux, en particulier du Congo belge[12]. René Maran nait à Fort-De-France le 5 décembre 1887. La zone est peuplée de l'ethnie Banda[1], victime de travaux forcés dans le cadre du régime des compagnies concessionnaires (17 entreprises disposent de 50% de l'Oubangui-Chari, qui reste possédé par l'État) pour l'exploitation de l'hévéa par exemple. Batouala is a small village in Gabon halfway along the dirt road from Makokou to Mékambo, in the north-eastern province of Ogooué-Ivindo. Celui ci est alors en poste en Afrique subsaharienne. Cette difficile expérience de l'éloignement de sa famille est une des causes de la sensibilité de Maran. L'entrevue est interrompue par l'arrivée d'habitants perdus d'un village voisin, le projet de meurtre est remis à plus tard. La aussi, le style de Maran est attaqué : « La description des mœurs est souvent amusante, mais ne dépasse pas en mérite celle qu’on rencontre dans tant de récits de voyageurs qui n’ont jamais prétendu à l’honneur des lettres. Un premier ensemble de critiques est relatif au supposé manque de qualités littéraires du roman. Basé sur des sociétés sans réelle envergure financière et purement spéculatives, le système périclite après la Première Guerre Mondiale et l’État prend le relais, tout en conservant les mêmes pratiques brutales[3] dénoncées notamment dans la préface de Batouala[1]. Fnac : Batouala, René Maran, Albin Michel". L'auteur de "Batouala" a été oublié pendant plusieurs décennies. A 2014 report noted that "pre-electrification" of the Batouala area was underway. Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures, Je n'avais jamais lu de littérature africaine avant ". Le récit suit ses considérations ordinaires, comme celle de savoir si se lever vaut la peine, mais présente aussi son point de vue personnel sur la colonisation, la coutume et la vie en général. Votre tâche est belle. Il va même plus loin puisqu'il défend la justesse du maintien des colons sur place lors du début de la première guerre mondiale et déclare que : "L'abandon momentané de la colonie aurait produit les plus fâcheux effets sur les indigènes. Le chapitre 2 présente la scène de la matinée ou partage des tâches se fait entre Batouala et Yassigui'ndja. Entre la pipe matinale, la chasse, les honneurs à rendre à son épouse et à ses autres femmes, rivales, Batouala nous conte la vie, son quotidien, les fêtes oniriques de la tribu, les moeurs de passage de l'enfance à l'âge adulte. Je ramène tout à elle. Le chapitre 8 développe le personnage de Bissini'ngui à travers l'épisode d'une rencontre avec Yassigui'ndja. Il quitte la Martinique à 3 ans pour le Gabon, son père y ayant été appelé pour y occuper un poste d'administrateur colonial. Pour Bidou, Batouala a trouvé le succès plus grâce à un engouement pour le roman colonial que pour ses propres qualités littéraires. Il y vérifie et confirme les assertions de Maran. L'écriture devient pour lui une thérapie. En effet, Maran cherche à y décrire la vie africaine sans exotisme tout en ayant pour personnage principal un chef noir[13]. Je ne pourrai donc jamais comprendre ni jamais aimer la femme indigène, inerte et simple réceptacle de spasmes désenchantés. Mais dès 1914, Maran est ralenti par une charge de travail supplémentaire et une dépression. » Dans le chapitre 5, il est aussi question de l'impôt déséquilibré en défaveur des noirs ainsi qu'au portage, au débroussaillage des routes ainsi qu'a l'exploitation du caoutchouc. Cet état d'esprit le conduit à l'écriture de "Batouala". À l'œuvre donc, et sans plus attendre. Le chapitre 4 prend place trois jours avant la fête, au cours d'une joute verbale, Yassigui'ndja s'attaque à sa rivale I'ndouvoura au sujet de Bissini'ngui. Elle m'a valu bien des injures. Par ailleurs, on peut considérer que l'intérêt de Senghor pour René Maran est moins dû à son œuvre littéraire qu'à son parcours comme écrivain noir, ayant réussi à s’imposer dans le milieu littéraire et intellectuel français des années trente à travers son prix Goncourt[15].